La règle 50/30/20, et les quatre cas où elle ne fonctionne pas

Cinquante pour cent pour les besoins, trente pour les envies, vingt pour l'épargne et les dettes. C'est la règle de budget la plus répétée qui soit, et elle est réellement utile — comme point de départ, pour un certain type de personne, dans un certain type de marché immobilier.

C'est aussi la règle la plus susceptible de faire croire à quelqu'un qu'il gère mal son argent alors que ce n'est pas le cas.

Ce qu'elle a de juste

Le vrai apport de la règle, ce ne sont pas les chiffres. C'est l'idée que chaque euro doit avoir une mission avant d'arriver, et que les trois missions sont de nature différente. Les besoins vous logent et vous nourrissent. Les envies rendent la vie agréable. Les vingt pour cent restants sont la seule partie qui change votre situation.

Ce cadre mérite d'être gardé, même si vous jetez les pourcentages.

Là où elle se casse

Quand le loyer dépasse la moitié de vos revenus

Dans la plupart des villes européennes, une personne seule au salaire médian consacre bien plus de 30 % de ses revenus au seul logement — souvent plutôt 40 à 45 %. Ajoutez l'énergie, l'alimentation, les assurances et le transport, et le poste « besoins » atteint 65 % avant la moindre dépense facultative. La règle dit à cette personne qu'elle s'y prend mal. Ce n'est pas le cas. Son loyer est élevé.

Que faire à la place : garder les trois postes, changer la répartition. Un 70/20/10 est un vrai budget pour quelqu'un qui vit dans une ville chère. Ce n'est pas un 50/30/20 raté.

Quand vous avez des dettes à taux élevé

Si vous traînez une carte à 20 %, les 20 % ne doivent pas être partagés équitablement entre épargne et remboursement. Presque tout devrait aller à la dette — parce qu'aucun compte d'épargne ne rapporte quoi que ce soit d'approchant ce que cette carte vous coûte. La jolie symétrie de la règle vous fait ici perdre de l'argent.

Quand vos revenus varient

Des pourcentages de quoi ? Du mois dernier ? De la moyenne ? De votre meilleur mois ? Un indépendant qui applique le 50/30/20 à un bon mois va trop s'engager, puis manquer d'argent pendant un mois calme. Budgétez plutôt sur votre plancher.

Quand « besoins » et « envies » ne sont plus évidents

Une voiture est-elle un besoin ? Dans une ville avec un métro, non. À quarante kilomètres de la ville la plus proche, oui. Un abonnement à la salle de sport est-il une envie, ou ce qui permet de gérer un mal de dos ? La règle suppose une frontière nette qui n'existe pas, et les gens gaspillent une vraie énergie à débattre avec eux-mêmes du poste auquel appartient telle dépense.

Une version plus utile

Gardez les trois postes. Remplacez la répartition fixe par deux questions auxquelles vous répondez une fois par an :

  1. Combien coûte réellement ma vie ? Pas ce qu'elle devrait coûter. Ce qu'elle coûte. C'est votre chiffre « besoins », et il est ce qu'il est.
  2. Sur ce qui reste, quel pourcentage me fait avancer ? C'est le seul chiffre qui vaille d'être suivi dans le temps — et la seule comparaison juste est avec votre propre chiffre de l'an dernier, pas avec une règle empirique écrite pour un autre marché immobilier.

Un taux d'épargne de 9 % dans une ville chère avec deux enfants est un meilleur résultat que 20 % dans une ville bon marché sans enfant. La règle ne peut pas le voir. Vous, si.

Calculez vos trois chiffres

Le budget d'une page gratuit vous donne votre vrai chiffre « besoins » en une soirée — douze catégories, prévu contre réel. Le Budget mensuel suit ensuite votre taux d'épargne mois par mois et consolide l'année, pour vous comparer au seul repère qui ait un sens.

Outil de budget à visée informative. Pas un conseil financier personnalisé.