Combien faut-il vraiment garder en épargne de précaution ?

La réponse habituelle, c'est trois à six mois de dépenses. Elle est répétée si souvent que plus personne ne demande d'où elle vient — et elle fait discrètement plus de mal que de bien, parce que pour beaucoup de gens, trois mois de dépenses est un chiffre si élevé qu'il rend le démarrage absurde.

Voici une façon plus utile d'y penser.

Une épargne de précaution a deux rôles, pas un

Rôle n° 1 : absorber les petits chocs. La chaudière, la voiture, le dentiste, le billet de train pour rentrer. Ça coûte des centaines d'euros, pas des milliers, et ça arrive plusieurs fois par an. Sans réserve, chaque incident part sur une carte de crédit et devient un problème de dette.

Rôle n° 2 : survivre à une perte de revenu. Celui-là demande des mois de dépenses. C'est aussi celui qui prend un an ou plus à constituer.

La plupart des conseils fusionnent les deux en un seul objectif intimidant. Les séparer change tout, parce que le premier est atteignable en quelques mois et retire l'essentiel du chaos de vos finances.

Une progression qui fonctionne

Étape 1 — un mois de dépenses essentielles

Pas vos dépenses totales. Vos dépenses essentielles : loyer ou crédit, énergie, alimentation, transport, assurances, mensualités minimales de crédit. Pour la plupart des foyers, cela représente 60 à 70 % de ce qu'ils dépensent.

C'est l'étape qui empêche les petites urgences de devenir des dettes. Si vous n'atteignez jamais que celle-ci, vous avez déjà retiré l'essentiel des dégâts.

Étape 2 — trois mois de dépenses essentielles

De quoi absorber une perte d'emploi avec un préavis normal, ou une maladie sérieuse, sans démanteler votre vie en troisième semaine.

Étape 3 — six mois, mais seulement si votre situation l'exige

Six mois est juste pour certains et excessif pour d'autres. Visez plus haut si vous êtes indépendant ou à revenu variable, si vous êtes seul à gagner un revenu, si vous avez des personnes à charge, ou si votre secteur recrute lentement. Restez plus bas si votre emploi est très stable, si vous bénéficiez de protections solides, ou si votre partenaire a un revenu indépendant.

C'est là que la règle générique échoue le plus. Un freelance avec deux enfants n'a pas besoin du même chiffre qu'un salarié en CDI dont le conjoint travaille — et aucun article ne peut vous dire lequel vous êtes.

Où la garder

Quelque part d'ennuyeux et mobilisable en deux jours. L'enjeu est la disponibilité, pas le rendement. Une épargne de précaution qui rapporte un peu moins mais reste accessible un dimanche soir fait mieux son travail qu'une autre bloquée sur un produit à terme.

Gardez-la séparée de votre compte courant. Non pas parce que vous la dépenseriez volontairement, mais parce que de l'argent posé sur votre solde quotidien se fait absorber sans qu'on le voie.

Calculez votre propre chiffre

Deux étapes, dix minutes :

  1. Additionnez un mois de dépenses essentielles. Pas vos dépenses totales — ce qui serait encore prélevé si vous arrêtiez tout l'optionnel demain.
  2. Multipliez par 1, puis par 3, puis par votre propre multiple honnête.

Vous avez maintenant trois objectifs au lieu d'un seul inatteignable. Visez le premier.

Puis transformez-le en date, pas en souhait

Un objectif sans échéance dérive. Notre Planificateur d'objectifs d'épargne prend votre montant et votre date et vous donne le montant mensuel qui vous y mène — puis fait passer la ligne en orange quand ce que vous avez prévu de mettre de côté est inférieur à ce que la date exige. Il ne fera pas semblant que vous êtes dans les temps.

Et si vous voulez d'abord y voir clair sur vos dépenses essentielles, le budget d'une page gratuit vous y mène en une soirée.

Outil informatif de gestion budgétaire. Ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Le montant à détenir dépend de circonstances que cet article ne peut pas connaître.